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Dessin numérique : rien ne remplacera un bon papier et crayon ! (Deuxième partie)

Bonjour !

Permettez moi d’entamer la deuxième partie du très vaste sujet qu’est le dessin numérique. Vous pouvez lire la première partie en cliquant ici. C’est parti !

Deuxième partie : la création numérique 

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Un éternel débat gâchera vos délicieuse soirées pour peu qu’on s’y laissât prendre : rien ne remplacera un bon papier et crayon !
Et effectivement, vu sous cet angle, comment ne pas l’approuver ?
Comment ? Assez simplement en réalité. Il suffit de prendre cette affirmation pour ce qu’elle dénote : à savoir que le dessin se pratique avec les outils. Et que ces outils évoluent. Donc, il n’y a aucune forme de vérité à ramener le dessin au papier et au crayon. N’oublions pas que nos ancêtres dessinaient sur les parois rocheux avec des branches carbonisées qu’on appelle fusain.
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Dans la grotte de Lascaux © SUDRES JEAN-DANIEL / HEMIS.FR
Pour être tout-à-fait juste et non dans la polémique facile, il conviendrait de poser les bases de nos malentendus.
Ce qu’on appelle communément le dessin traditionnel, c’est la pratique artistique qui fait appel à des outils traditionnels comme le pinceau, le fusain, le pastel, le crayon, la gomme, etc. sur un support spécifique comme le papier, la toile, le bois, etc.
Le dessin traditionnel implique une connaissance des bases du dessin, une maîtrise de l’outil et de la créativité. En effet, à moins d’être un génie absolu, il semblerait que le long apprentissage du dessin -avec les subtilités acquises par l’expérience, la rigueur et l’effort- soit l’affaire d’une vie toute entière. Vie durant laquelle, le dessinateur s’efforcera de tester plusieurs outils, diverses méthodes et une multitude de drogues (heu… Oubliez la dernière).
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Ce qu’on appelle, le dessin numérique est, comme je l’ai abordé dans la première partie, un procédé qui permet de créer à l’aide de supports informatiques via une tablette graphique, des logiciels, etc.
Cette technique implique également la connaissance des bases du dessin, une maîtrise de l’outil et de la créativité. Sa différenciation de l’usage traditionnel, et ici on a le point le plus culminant des appréciations, est sans doute lié à son support dématérialisé. En effet, le dessin numérique se crée dans un espace virtuel. Ce qui nous amène à des questions existentielles auxquelles j’essaierais d’apporter ma modeste contribution dans les paragraphes qui suivent.

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Il est légitime de prendre en compte la finalité d’une oeuvre en tant qu’objet. En cela, selon le support qu’on attribut à la représentation picturale (un mur, un papier, une toile ou autres surfaces réelles) nous pouvons donner du sens à l’oeuvre. Objectivement, des courants artistiques comme l’art brut, l’art éphémère ou encore le pop-art se questionne sur l’approche matériel et de la “destinée” de l’Art. Mais, permettez que je reste sur la préoccupation de cet article qui oeuvre pour la compréhension de l’art numérique et plus précisément du dessin numérique.
Campbell Soup Cans par Andy Warhol
Campbell Soup Cans par Andy Warhol

Ainsi, examinons de plus près la finalité offerte par le dessin numérique et comparons la à celle du dessin traditionnel.

Le dessin numérique est essentiellement adapté à une utilisation multimédia. C’est-à-dire que la création reste dans son espace virtuel et offre une visibilité à travers un écran. Le dessin traditionnel, pour faire objet d’une réalisation multimédia a besoin d’être dématérialisé avec un scanner ou un appareil photo.
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Il peut aussi sortir du virtuel par divers procédés :
  • Procédés d’impressions (imprimante, sérigraphie, etc.)
  • Procédé de reproduction (via un video-projecteur par exemple)
Alors que ces étapes sont inutiles pour le dessin traditionnel puisqu’il est déjà sur une surface réelle.

direction2Comme nous pouvons le constater, le dessin numérique et traditionnel peuvent parfaitement remplir les mêmes objectifs. Aussi, il est inutile d’entrer dans une hiérarchie hâtive de techniques. Donc à l’affirmation initiale (volontairement caricaturale) : “rien ne vaut un bon papier et crayon !” nous opposerons : “oui, mais ça dépend !”  Ça dépend de sa finalité, de son objectif.


Mais il nous faut encore examiner les avantages et inconvénients de ces outils.

Quelques avantages et inconvénients du numérique :
Il est évident que ce procédé a été créé pour faciliter certaines créations (on peut peut-être le déplorer mais la plupart des dessins-animés et bande-dessinées sont créés numériquement aujourd’hui). En effet, si on prend l’exemple de la bande-dessinée qui a pour finalité un tirage à plusieurs exemplaires, qui passe donc nécessairement par un format numérique destiné aux imprimeurs, nous comprenons aisément pourquoi le dessinateur opte pour le dessin numérique.
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Prenons un exemple précis : traditionnellement, je crée ma planche de BD, je la scanne, je la nettoie avec un logiciel, je corrige les contrastes. Et me voilà, avec un fichier numérique de ma planche. Avec l’outil numérique, je crée directement ma planche via une tablette. Je gagne ainsi un temps considérable pour un même résultat (je parle du support et non du résultat graphique).
Mais, je me retrouve sans la planche “originale” au sens traditionnel dans la mesure où il n’y a qu’un fichier numérique reproductible à l’infini. Alors que la planche traditionnelle peut faire l’objet d’exposition et être admirée et vendue en tant qu’oeuvre unique, la solution numérique reste dans une position bâtarde.  Des solutions sont proposées pour remédier à ce problème notamment grâce à des tirages limitées et signées. Mais avouons le, l’authenticité de la planche originale, avec les coups de gommes, le papier froissé sous le poignet de l’artiste, ne seront pas au rendez-vous avec une planche numérique.
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Watchmen – Alan Moore
Grunge brushes
Grunge brushes

Le dessin numérique offre une potentialité incroyable en terme de créativité. Une approche nouvelle et innovante qui consiste à pouvoir revenir en arrière dans ses actions, permet au créateur d’expérimenter jusqu’à épuisement son fibre artistique. Une variété incroyable de pinceaux, de couleurs, de formes paramétrables nous sont proposée pour notre plus plus grand bonheur. Attention toutefois au piège du “trop de choix”. Mais, nous perdons l’agréable sensation du papier glissant sous notre main, la douce mélodie de crayon qui gratte le support et la lumière diffuse et naturelle reflétée sur notre surface.


Je pense qu’il n’est pas possible de détailler tous les avantages et inconvénients d’un tel outil. Il vous faudra l’expérimenter par vous même. Et je connais autant de personnes rebutées par ce procédé que de personnes en totale addiction. Alors, j’espère juste avoir éclairé les novices sur quelques points du sujet.

Ce qu’il faut retenir, selon moi, est que nous devons toujours questionner les perspectives offertes par chaque outil de création. Et souvent, nous observerons leurs qualités et défauts. Et un beau jour, à force d’expérimentation, nous tomberons sur THE outil qui nous corresponde parfaitement. Celui qui nous fera oublier tous les autres. Et nous y serons bien…

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Jusqu’au divorce pour tomber dans les bras d’un autre outil. Et je ne vous parle pas, par excès de décence, des mélanges d’outils auxquels nous nous adonnerons !


Je vous remercie de votre attention.
Si vous avez aimé ou detesté mon approche, merci de m’en faire part à travers les commentaires. Et je compte sur vous pour partager cet article !
À bientôt.

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