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L’artiste exécutant, ce magicien !

Bonjour !
Mon nouvel article a pour objet un sujet quelque peu délicat. Je parlerai de l’artiste exécutant.

yas


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Ce que j’entends par artiste exécutant, c’est tout simplement l’artiste qui vend son savoir-faire à un tiers. Que cela soit à travers une commande ou prestation, une partie de la carrière artistique se construit grâce à ces boulots “alimentaire” mais essentiels. Je ne parle pas de la vente des oeuvres, qui ajoute une nuance à la réflexion, mais bien du travail exécuté exclusivement pour un client ou une structure.
Pour bien poser le contexte de mon texte, je précise qu’il s’agit-là de mon point de vue personnel que, à ne point douter, vos retours feront évoluer. N’est-ce pas là le but de toute échange d’idées ? S’enrichir pour mourir moins idiot ? Si la réponse à ces questions est non, je vous invite à en débattre dans les commentaires ! 😆
Bref, maintenant que les choses sont claires (du moins en partie) passons à la suite.
 Il arrive fréquemment que je sois sollicité pour réaliser des commandes artistiques. C’est une chose qui a mis du temps à arriver mais aujourd’hui je m’estime heureux que les gens me fassent confiance pour réaliser leurs projets.

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Voici le déroulement avec les points forts … Et négatifs.

Contact avec le client
Contact avec le client

Tout d’abord, par une circulation d’information encore mystique, alimenté par le bouche à oreille, les réseaux sociaux et un peu de démarchage, une personne en quête d’une réalisation graphique me contacte. Celle-ci m’explique ses attentes et me demande mes tarifs et mes disponibilités. Après une séance de remerciement aux forces de l’univers, un sacrifice d’un animal innocent, et un don aux oeuvres caritatives, je réponds au client (eh oui, pour un indépendant, être contacté pour travailler est une grâce divine).

Trois quart de clients perdus après l’annonce des tarifs – avec un étonnement non dissimulé d’apprendre qu’un artiste se fait payer pour un travail, je suis enfin sur le client qui m’engage à travailler sur son projet.

Pour ma part, je fais signer un devis/bon de commande à fournir en deux exemplaires et demande un précompte d’un pourcentage du budget avant de commencer le projet. Ces procédures ont une raison simple d’être : l’engagement mutuel.
Engagement mutuel
Engagement mutuel
En effet, sans contrat je m’exposerai à de forts déconvenues : comme un client qui décide de changer d’avis en cours de route ou qui ajoute des nouveaux éléments aux exigences antérieures (pour le même budget évidemment) . Il peut même avoir des cas de malhonnêteté avec des personnes qui se servent de vos idées et les font exécuter par d’autres. Bien sûr, la relation de confiance à établir entre les deux partis est aussi primordiale (chose que nous établissons lors d’un premier échange autour d’un café par exemple).
Comme un piéton sur une autoroute...
Comme un piéton sur une autoroute…

Mais j’insiste sur le fait que sans contrat je suis comme un piéton sur une autoroute, comme le con d’un diner d’un soir… (Même si vous ne validez pas mes paraboles, je vous prie de continuer à lire la suite…)

Il arrive parfois que le client s’étonne de devoir payer un service avant même d’en avoir vu la couleur. C’est tout à fait compréhensible. C’est à moi de lui clarifier la situation en faisant appel à mes habiles talents de pédagogue (à prendre au second degrés. Oui… J’aime bien expliquer mes traits d’esprit).
L’appel à un artiste suppose qu’on ait vu en amont son potentiel à travers son site web ou Book (porte-folio). C’est cela qui doit inciter le client à travailler avec le dit-artiste. L’excellent site “mon maçon était illustrateur” évoque à merveille ces malentendus. Demanderiez vous à un maçon de faire une partie de votre toiture gratuitement pour vous décider à l’engager ?

Une fois que toutes ces considérations sont réglées, il sera temps pour moi d’attaquer le projet.


Des cas de magie (que certains appellent magie noire) :

Là, c'est une bougie, mais on parle de magie...
Là, c’est une bougie, mais on parle bien de magie…
  • On me demande de faire un portrait d’après photographie et on m’ordonne de changer le profil de la personne. C’est-à-dire de changer le positionnement du visage (que je n’ai jamais vu autrement que sur cette photographie) en improvisant ses traits. Magie !
  • Inventer les ombres d’une personne pour un portrait à l’aide d’une photographie de la taille d’un timbre. Magie !
  • Réaliser un travail pour le lendemain avec des fichiers envoyés la veille en excluant les besoins vitaux d’un être humain comme prendre le temps de se nourrir, dormir ou respirer. Bon là, c’est pas de la magie. C’est du masochisme.
  • Me demander de dessiner quelque chose dont j’ignore totalement l’existence. Magie !
  • Croire que je suis à la fois  artiste, vendeur, commercial, distributeur de billet SNCF et pilote en ligne. Magie ? Sur ce cas là, c’est-à- dire la polyvalence demandée à l’artiste, j’y reviendrai lors d’un prochain article. Il y a tellement à dire !

Je m’arrête là pour les exemples. J’ai peur de perdre les plus sceptiques d’entre vous qui ne croient pas à la magie.


brushes-1464645-639x958Une fois que la commande est signée sous forme de bon de commande et le précompte payé, je m’active à satisfaire au mieux les attentes du client. Il est important de bien comprendre l’esprit du client et de son univers pour ne pas faire fausse route. Il faut également modérer son égocentrisme qui exige à tout prix d’insuffler son âme d’artiste dans tout ce qu’on touche et oeuvrer uniquement pour le bien du projet. Ce qui ne veut pas dire faire du travail comme une machine mais doser son approche artistique afin de faire corps avec l’esprit du projet. L’avis du client est très important mais en aucun cas il l’emporte sur la pertinence et l’exigence des choix que vous aviez dû faire durant les phases de création. Une bonne entente entre artiste et client devient donc essentielle pour arriver à des projets réussis, chacun se pliant face à la pertinence et non à d’autres vaines considérations. N’oublions pas qu’un indépendant engage autant son image que son client !


Le bout du tunnel
Le bout du tunnel

Et nous voilà arrivé au bout du tunnel. Après avoir soigneusement fait validé toutes les étapes par mon bienfaiteur, je m’autorise enfin à m’auto-congratulé d’avoir accompli ma mission. Il me reste plus qu’à envoyer le fichier final. Je rêve déjà de payer ma facture d’électricité, mon loyer en retard, ma dette à la tante Bertine (j’ai inventé ce nom pour ne viser personne. Si par un hasard taquin, ce prénom existe, ce serait purement fortuite).

Mais c’était sans compter sur ce fameux : oui, Mais,
Oui, je suis très satisfait de votre travail, mais, après avoir discuté avec ma nièce de 2 mois, je vous demande de modifier la partie latérale de la réalisation. Pour reprendre ses mots : “je trouve que cela est tout à fait inadéquat de formuler ainsi la structure informelle et métasphérique de cette oeuvre imagée”. Oui. Je vous l’accorde. Ma nièce est précoce pour son âge. Merci.

Et oui, il ne faut jamais se réjouir tant que le client n’a pas validé le fichier final (et d’avoir été payé). Mais généralement, si nous procédons étape par étape, tout se passe à merveille.


Voilà, j’arrive au bout de ma description du travail de l’artiste exécutant. Vous noterez que j’y ai glissé beaucoup de malices vis à vis des clients et des artistes. Je vous prie de considèrer le degré second de certains propos de cet article !
N’hésitez pas à commenter et à partager vos expériences en tant que clients ou artistes exécutants !
Et si comme moi, vous trouvez que j’y passe du temps et de l’énergie à écrire ces articles, vous pouvez me soutenir en partageant et surtout en complétant avec vos réflexions mes incohérences ou omissions sur la question.
Merci et à bientôt !
Yas

2 commentaires sur “L’artiste exécutant, ce magicien !

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